Apporter l’art dans la vie quotidienne : une entrevue avec Marianne Chevalier


Custom ALTO™ powder-coated graphics with fairy-tale collage by Marianne Chevalier
Photo par Éliane Brodeur


Nous avons rencontré virtuellement l’artiste montréalaise Marianne Chevalier pour parler de son art, de sa pratique et de ce qu’elle aime dans l’art public. Vous pouvez voir l’entrevue complète sur YouTube.


Parlez-nous de votre travail en tant qu’artiste


Je suis dans le domaine de l'art et de l'illustration depuis 2005. J’ai une formation académique en graphisme, en design graphique, et c’est à partir de 2005 que je me suis parti à mon compte en illustrations donc avant tout, je suis illustratrice.


C'est après ça que j'ai décidé de faire une maîtrise en arts visuels puis c'est à ce moment-là que j'ai vraiment découvert un nouveau métier, qui est les arts visuels qui complètement différent du fonctionnement en illustration. Puis donc c’est ça, donc de fil en aiguille j'ai eu des contrats en illustration puis en parallèle, je produisais des expositions en sérigraphie.


Quel genre d’art faites-vous ?


Mon travail c'est du travail de collage, donc je travaille à partir de collages d'images photocopiées, des morceaux d’images photocopiées, puis après ça je les numérise, je les scanne, puis j’appliques la couleur par Photoshop. Donc quand je livre une image, elle est complètement numérique, il n’y pas d’originaux finalement en matériel en papier.


Quand je le scanne, je le scanne en très haute résolution en planifiant le fait que ça va être très grand, donc c’est une des clés pour qu'elle ait une très belle définition de l'image, c’est extrêmement important que ce soit numériser en haute résolution.


Ce n’était pas un gros problème pour moi de faire le saut, de livrer un très grand format pour l’art public. Donc ça ce sont vraiment des aptitudes que j’ai acquis au cours de ma carrière en illustration, puis je l’ai appliqué dans ma pratique en arts visuel.


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Photo par Éliane Brodeur


Comment êtes-vous entré dans l’art public ?


À un moment donné en 2017, je ne connaissais pas l’art public du tout du tout, puis j'étais dans la production d'une grande murale pour une exposition solo dans une galerie. Une collègue artiste m’a dit que ça fonctionnerait vraiment bien cette murale là en art public. Puis c'est à ce moment-là que je me suis dit, ça serait peut-être intéressant.


J’étais aller chercher une formation au RAAV (Regroupement des associations d'artistes en arts visuels du Québec), pour en fait comprendre quelle est cette expertise qui les arts publics et je me suis rendu compte lors de la formation que je me qualifiais pour en faire. Donc c'est à ce moment-là que j'ai fait des démarches pour faire partie du bassin des artistes du gouvernement, puis après ça j'ai commencé à recevoir des invitations là, à partir de 2019, ça commencer à rentrer.


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Photo par Éliane Brodeur

Comment trouvez-vous les occasions d’art public au Québec?


On est chanceux au Québec, il y a une loi qui s'appelle La loi d'intégration des arts à l'architecture. Quand il y a une bâtisse qui est subventionné par le gouvernement, que ce soit une nouvelle bâtisse où une rénovation importante, un agrandissement et cetera, c'est une loi qui oblige en fait aux clients, pour la ville ou l’école ou la commission scolaire et cetera, de réserver 1% du budget global à l'intégration d'une œuvre d’art public.


Donc ça c'est vraiment une loi québécoise ce qui est en vigueur depuis 1980 dans ses coins là, et on est la seule province au Canada qui a ça, les autres provinces n’ont pas de lois gouvernementales. J'avais déjà entendu dire qu'il y a même des artistes des autres provinces qui ont décidé de déménager au Québec pour ça.


Quels sont certains des défis auxquels vous faites face lorsque vous travaillez sur un projet d’art public?


C'est sûr que chaque projet a ses contraintes précises, selon, comme vous disiez, selon où l'ouvre est installé, est-ce que c’est à l'intérieur ou l'extérieur. Quand c'est à l'extérieur, il faut penser aux vents, faut penser à la glace, il faut penser aux oiseaux, aux animaux qui vont faire leur nid, faut penser aux ancrages, puis par rapport, est-ce que ça s'ancre dans le parement, donc il y a toute la question d'isolation, les ponts thermiques, tout ça.


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Photo par Éliane Brodeur

Aussi, c’est le domaine de la construction, donc une façon de faire a rien à voir avec le domaine de l'illustration ou de domaine des arts visuels. Je suis habitué de travailler très rapidement à l'intérieur d’une ou deux semaines, de livrer rapidement. La construction ce n’est pas ça du tout! Souvent je suis extrêmement impatiente, il y a vraiment un ajustement de rythme en fait.


Avec qui travaillez-vous sur vos projets d’art public?


Par rapport à l'équipe, quand j'ai commencé j'ai trouvé ça assez compliqué parce que justement, les arts publics c'est un domaine qui est extrêmement spécialisé et on n’entend pas tant que ça parler des corps de métiers qui ravitaille dans ce domaine-là. Donc quand tu commences, c’est un « challenge » de trouver son équipe.


Quand il y a un projet d'art public c’est souvent pour faire des murales, il faut que ça soit sur quelque chose de durable, qu’est ce qui est important pour moi c'est que les couleurs et la résolution soit impeccable. C'est que mon équipe, c'est Le Groupe SH avec les produits ALTO, puis c'est François Tessier pour l'installation, puis mon ingénieur c'est Nicholas Pelletier.


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Photo par Éliane Brodeur

Comment avez-vous appris l’existence de ALTO™?


J’effectuais la recherche pour essayer de trouver un produit durable de construction, avec les couleurs et tout ça, et je faisais de la recherche avec les mots clés comme art public, Québec, et cetera, puis je suis tombais sur le site d’ALTO. Puis en même temps, j'avais posé des questions à d'autres artistes en art public qui m'avait référé le Groupe SH avec les produits ALTO™. Là j’ai vue ça, puis j’ai comme fait, oh, ça c'était très intéressant pour moi!



Parlez-nous de « Turlututu, chapeau pointu »


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Rendu par Vincent Gagnon

Turlututu, chapeau pointu est un œuvre d'art public dans une école, fait avec des panneaux ALTO, inspiré par les contes merveilleux. J’avais fait des grands amalgames sur les contes de Grimm, les contes d’Andersen, puis les contes de Perrault, parce qu’un des contraintes pour cette école-là, quand ils ont proposé le projet, c'était de se baser sur la littérature en général, puis pour moi c'est un choix personnel d’y aller avec ce sujet-là, des contes merveilleux. C’est une école qui est à vocation à la base ils font beaucoup d'ateliers théâtre, beaucoup d'ateliers de littérature, d'art plastique, donc ils sont vraiment sur la culture, donc ça les aide vraiment comme des outils.


C'est sûr que, oui, moi en tant qu'illustratrice, j'ai fait beaucoup dans le temps passé des ateliers scolaires avec les enfants, pour promouvoir mes livres, et cetera. Tout ça est vraiment intégré dans ma pratique qui est un point de départ justement pour les enfants, pour les introduire à l’art.


Pourquoi pensez-vous que l’art public est important ?


En fait, ce que je trouve important dans l’art public, ce que je trouve intéressant c'est que c'est l’art qui se présentent à la population. Ce n'est pas la population qui doit se déplacer pour aller dans un lieu qui est réserver pour l’art, qui est souvent perçus comme des endroits élitistes qui sont difficiles d'accès, qui sont, un peu, les gens sont gênés parfois d'aller dans les galeries ou dans le musée. Donc je me dis que l’art public offre à la population une façon démocratique d'intégrer l'art dans le quotidien.


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Photo par Éliane Brodeur

Ça pour moi là, c’est là que j’ai réussi parce que ces gens-là, ces enfants-là, ces adultes-là vont vivre au quotidien avec cette œuvre-là, et c'est super important qu’il y ait une un sentiment d'appartenance avec cette œuvre-là, qu’il égaie leur quotidien, puis qu’elle soit un outil aussi pour les professeurs pour les initier à l’art.


Donc c'est vraiment comme un cours d'initiation à l'imaginaire, à la création et c’est un point de départ pour faire des ateliers culturels avec les enfants sur plein de sujets. Je trouve ça vraiment fabuleux, c'est ça qui me passionne avec les arts publics, il y a quelque chose de très démocratique là-dedans, que je trouve fabuleux et c’est vraiment super.


Merci à Marianne Chevalier de nous avoir parlé. « Turlututu, chapeau pointu » est une série de murales de collage numérique, sublimées sur de l’aluminium ALTO™ thermolaqué et installées à l’École Premier-Envol de Bedford, au Québec. Vous pouvez voir plus de travaux de Marianne ici.


Visionnez l’entrevue complète en français

avec sous-titres français ou anglais:



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